Une envie soudaine de coucher « par écrit » diverses croyances et aventures enfantines. Evidemment, ce sont des souvenirs d’enfants. Mais c’est tellement drôle
Quand j'étais p'tiote, je passais énormément de temps à lire, j'étais surtout fascinée par les fées, les elfes et autres créature fantastiques. Et forcément, l'imagination allait bon train. Surtout entrainée par des frangins de 5 à 8 ans de plus, accros à Donjons & Dragons. J’adorais tout ce qui était « fantastique » ; je dévorais les « bestiaires » de Donjons & Dragons, les livres sur la mythologie, la bible, les contes, etc.
Du coup, comme on habitait en pleine forêt, je me la jouais Ninja pour essayer de voir un elfe ; je parlais aux arbres, j’avais même donné un nom aux plus beaux arbres de la forêt. Y en a avait même un, juste derrière la maison, à qui je racontais ma journée, mes petits soucis. Le jour où mes parents ont décidés qu’il fallait l’abattre, ce fut le drame. J’étais malade, et je suis sortie pieds nus et en chemise de nuit dans la neige pour courir voir « mon » arbre.
J’vous dis pas la méga-crève qui a suivie ^^ ;
J’imaginais de folles aventures, peuplées de créatures légendaires, et que j’essayais de devenir leur amie. Je passais des heures (du moins ce qui me semblait être des heures) dans le hamac de mon papa à écouter les arbres, croyant déceler des murmures entre 2 bruissements de branches. Dans la même lignée, je parlais aux animaux, et ils me répondaient. Curieusement, j’ai toujours gardé un excellent feeling avec eux et ils me le rendent bien.
Je parlais aux murs aussi… et ils me répondaient. Ma môman s’est beaucoup inquiétée je crois, le problème, c’est qu’ils me répondent encore :D
Je croyais que les cauchemars pouvaient s’attraper, du coup, mes frères me faisaient peur en me disant « Attention, un cauchemar, VITE, VITE, COURS !!! AAAAHH !! Trop tard, tu l’as attrapé ». En général, la nuit ça ne manquait pas, le cauchemar était la. Ca a duré pas mal d’années, et du coup, ce fut un cauchemar pour moi de m’endormir jusqu'à environs 13 ans (insomnie, etc.)
Dans le genre gore (merci les frangins) je croyais que je portais malheur. En effet, quand ils jouaient aux jeux vidéos, j’adorais vraiment les regarder jouer. Le hic, c’est que quand il perdait, ils me disaient « Casse toi, tu portes la poisse ». Sauf que (je devais avoir 5 ans environs), je suis allée voir mon Grand Père à l’hôpital, j’ai appris le lendemain qu’il avait trépassé peu après mon départ. Je m’étais mise dans la tête que c’était de ma faute. Et lors de la veillée mortuaire, je me souviens que je n’étais vraiment pas bien (quelle idée d’assister à une veillée mortuaire à 5 ans aussi:/) … J’ai du croire jusqu'à 10 ans environs que c’était ma faute, et à chaque fois sur sa tombe j’ai le cœur serré en me posant cette éternelle question … Par contre je me souviens avoir posé la question « mais on devient quoi quand on est mort ? », « de la poussière », « Alors faudra passer l’aspirateur.»
Mais je n’ai appris le sens profond de « la mort » que plus tard. Un jour où ma maman était très triste. Je lui demande la raison de sa tristesse, et elle me dit «mon papa & ma maman me manque ». Du coup, j’ai ramassé toutes les plumes que j’ai pu trouver pour en faire des ailes pour s’envoler au paradis voir ses parents … Il a bien fallu qu’elle m’explique. Ce fut dur.
Quand on me disait « on va à la piscine d’Angers », je comprenais « on va à la piscine dangers », en imaginant une piscine avec des requins…
J’entendais « pate à meugler » au lieu de « pate à modeler », « Bouba le petit crouton », j’énumérais les jours de la semaine de la façon suivante « lundi, aujourd’hui, mardi, mercredi, jeudi, vendredi, samedi, dimanche, etc. », je disais aussi « un n’IIIIIIMMMPOORTEUH quoi » pour tout ce qui me paraissait absurde.
Un jour où je me suis posée la question d’où venait le sable de la méditerranée, mon père m’avait sorti qu’il était acheminé par container depuis le Sahara … j’y croyais encore il y a quelques mois (je ne vous raconte pas la honte)
La tapisserie de ma chambre était tellement moche (fin 60’s, vert sombre avec des GROSSES fleurs oranges, mauves, roses, et bleues), qu’elle me faisait peur la nuit. J’avais l’impression de voir les fleurs bouger.
Dans mon bled, y avait une superette qui s’appelait « Californie » (quel nom à la con) du coup, quand j’y allais, j’espérais secrètement y croiser des stars.
Dans une des BD de Spirou (l’horloger de la comète je crois), il y a une pseudo-théorie pour voyager dans le temps … j’y ai cru dur comme fer jusqu'à 9/10 ans.
J’ai cru aussi dur comme fer qu’on pouvait faire des kamehameha ou des météores de pégase en se concentrant à fond (tout ce que j’ai réussi à faire, c’est des pêts-éore de mes-gazs, haha.)
Pour moi, chaque serrure donnait une vue sur un monde merveilleux, mais qui n’était visible que par la serrure.
J’étais quasi certaine que mon reflet dans mon miroir était vivant, et qu’elle arrêtait de m’imiter dès que j’avais le dos tourné. Du coup, des fois je me retournais brusquement dans l’espoir de la surprendre.
Vous avez surement déjà vu ces espèces de petits placards qu’on collait au dessus des éviers, dans les 70’s; composés de 3 petites portes avec des miroirs dessus ? Oui ? Ben, quand j’avais 4 ou 5 ans, mon pôpa m’avait fait mettre la tête entre les 2 portes de chaque extrémités, du coup, mon visage se reflétait à l’infini (miroir dans un miroir, etc.). Il me disait « Regarde Violaine, regarde bien, tu y verras pleins de jolies choses ». (Ce n’est que bien plus tard que j’ai compris à quel point c’était mignon …)
On m’avait raconté que pour faire de la pluie, le soleil faisait envoler l’eau dans le ciel, pour ensuite retomber. Du coup, une fois j’ai pris mon ciré (le truc jaune, Guy Coten), je l’ai mis sur une grosse flaque d’eau, et je me suis assise dessus espérant m’envoler … Belle déception !
J’ai cru au père Noël, à la petite souris, aux cloches de Pâques, à Saint Nicolas. J’ai cru aussi qu’Asterix & Obélix avaient vraiment existés et que Goscinny/Uderzo étaient de fameux historiens … Du coup, je me disais que j’aimerais beaucoup être gauloise.
D’ailleurs, à propos de Gauloise, une fois j’ai entendu « Ah oui, Oncle Robert il fume des gauloises » … Et j’ai eu super peur de lui pendant longtemps, parce que j’imaginais qu’il fumait des femmes, comme on fume un jambon.
Comme on avait une vieille télé en noir et blanc, que mon papa développait ses photos en noir & blancs. J’ai cru que j’étais la seule à voir en couleur.
Je croyais que les langues étrangères c’était trop facile, qu’il suffisait de connaître la correspondance lettre à lettre … a=x, e=i, etc.
Je croyais que les nuages avaient la consistance de la guimauve, et qu’ils étaient fabriqués par les avions (les trainées dans le ciel) Enorme déception lors de mon premier séjour en montagne. En plus, il n’y avait même pas de Bisounours.
A un moment, je croyais être la cible des extraterrestres parce que j’entendais tout le temps des bruits bizarres genre « bbziiit – peeezzz bzuiiitbzuiiit ». Alors je me mettais au milieu de la cour de récré en scrutant le ciel. Pis en fait, mes appareils auditifs étaient vieux, voilà tout.
Je croyais que si je mettais les pieds hors des lignes blanches des passages piétons, il m’arriverait malheur, alors je marchais toujours en faisant des grandes enjambées.
Je n’aimais pas quand mes parents regardaient le JT, parce que je croyais que le présentateur télé ne regardait que moi.
Je croyais que des gens avaient le pouvoir de lire dans ma tête, alors je me faisais des trips du genre « Haha !! je sais que tu lis dans ma tête, mais tu ne m’auras pas nanana », et là parfois, certains me souriaient, alors je flippais ^^ ;
Ma maman me disait que (et j’y croyais) :
- quand mon oreille sifflait (acouphènes, surdité toussa), c’est que quelqu’un pensait à moi
- Si je louchais, je pouvais rester coincée ainsi
- mon doigt pouvait rester coincé dans les narines
- la soupe faisait grandir (mais je m’en fiche, j’adore ça)
- les carottes rendaient aimables et les yeux plus bleus
- quand il pleuvait, c’était le petit Jésus qui pleurait
- que le sucre rendait les chiens aveugles
- que les épinards rendaient fort comme Popeye (Fer, toussa)
- de ne pas faire les yeux de merlans frits
- que c’était son petit doigt qui la mettait au courant de tout, du coup je me disais que c’était un sacré cafardeur
Tout ça pour dire que, ben ça n'a pas tellement changé, je surveille toujours mon miroir, j'écoute toujours les arbres, et j'espère toujours apercevoir un elfe au détour d'un arbre.